Rôle de l’orthoptiste chez les enfants cérébro-lésés
par Carole Devaux, orthoptiste (Paris)

L’orthoptiste effectue des bilans orthoptiques selon 3 axes : optomoteur ; sensoriel ; fonctionnel

 

Bilan optomoteur : permet d’étudier la capacité à orienter le regard

 

1. La motricité éloignée oculaire avec :

  • la fixation. Elle permet d’ancrer son regard pour la précision du geste. Elle est dépendante de la vision centrale

  • les mouvements de saccades oculaires. Ils sont initiés par la rétine périphérique. Les saccades ont un rôle topologique = situer les objets les uns par rapport aux autres. Elles sont indispensables à la lecture.

  • La poursuite oculaire. C’est un mouvement effectué quand on suit une mire de petite taille en mouvement. Elle est dépendante de la vision centrale. Il faut donc une fixation stable et ancrée.

2. Le parallélisme des yeux : existence d’un strabisme divergent (vers l’extérieur) ; convergent (vers le nez) avec une hauteur associée.

 

3. La mobilité des yeux : Examiner l’action et l’équilibre des muscles oculomoteurs. Il faut donc fixer et suivre une mire en mouvement.

 

 

Bilan sensoriel : permet d’étudier la capacité à voir simple, net et à discriminer

 

1. L’acuité visuelle : en binoculaire (les 2 yeux ensemble) puis si possible en monoculaire (chaque œil séparément) par le pointage de dessins si l’enfant n’a pas accès au langage ; d’où l’importance d’une fixation stable permettant une localisatoin visuelle (avec l’index) efficace. L’acuité visuelle dépend de la rétine centrale.

2. Etude du champ visuel attentionnel : si possible en monoculaire. Le long cheminement des voies optiques explique le risque important des atteintes campimétriques d’origine centrale suites à des lésions cérébrales. Le champ visuel inférieur (vision en bas) est souvent touché.

3. Stéréoscopie : recherche d’un relief existant s’il n’y a pas de strabisme et si l’acuité visuelle est suffisante. Elle est rare car le strabisme est souvent présent chez l’enfant cérébro-lésés.

 

Bilan fonctionnel : permet d’évaluer la vision dans l’action

 

1. Communication : voir pour communiquer

Le développement de la fonction du regard va contribuer au développement des capacités communicatives (l’imitation gestuelle, le contact visuel, l’enfant sourit car il reconnaît un visage, il décode nos mimiques) et cognitives (développement des gnosies visuelles)

Le regard peut être précis, errant, vide.

 

2. Saisie de l’information

 

  • temps de reconnaissance : le temps de déclenchement ou temps de latence est allongé chez les enfants cérébro-lésés. Il dépend de la maturation neuronale et de la myélinisation. Il dépend aussi de la lenteur et de la fatigabilité de l’enfant.

  • Gnosies visuelles : la reconnaissance de dessins est testées lors de la prise d’acuité visuelle

 

3. Organisation du geste

 

  • On recherche la présence d’une motricité fine avec l’orientation de la main selon l’objet présenté, puis l’utilisation de la pince fine.

  • Le pointage de l’index permet d’estimer la précision de la localisation visuelle mais aussi l’utilisation de la rétine centrale. Il évalue et fait travailler la coordination œil/main. Il est souvent compliqué en dynamique (enchainement des mouvements) mais plus aisément obtenu en statique.

 

 

CONCLUSION

 

Il est important d’obtenir une FIXATION STABLE pour toute accroche visuelle, pour tester l’acuité visuelle, pour un pointage possible et précis, pour le développement de la pince fine.

La fixation étant stable, il est possible de développer ou d’améliorer la motricité conjuguée et permettre à l’enfant de bien orienter son regard.

D’autre part, il faut que l’enfant porte une correction optique adaptée (verres mais aussi monture- le pont doit être suffisamment bas pour que l’enfant ne regarde pas au –dessus de ses lunettes.

Association Syndrome de Joubert

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